Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

19/03/2009

_A companion to Science Fiction_

A companion to Science Fiction : David SEED (compilateur) : Blackwell Publishing : 2005 : ISBN-13 978-1-4051-1218-5 : 612 pages (y compris index très détaillé et bibliographies après chaque chapitre) : 120 Euros (ouch !) chez l'éditeur en neuf pour un volumineux HC avec jaquette.

A companion to science fiction.jpg

La structure de ce livre paraitra être assez originale pour les amateurs français. Il s'agit, comme son nom VO l'indique, d'un compagnon pour les gens s'intéressant à la SF plus qu'un ouvrage à caractère historique ou systématique. Les clients habituels de ce type d'ouvrage sont généralement les bibliothèques (d'où le tarif élevé) où ils sont généralement empruntés par des lycéens ou des étudiants ayant soit un cours portant sur la SF, soit un exposé ou un mémoire à faire sur le sujet.

Dans cette optique d'une introduction au genre, c'est donc une collection d'essais qui parcourt diverses facettes de la SF, allant de son histoire à sa géographie en passant par ses auteurs et ses oeuvres. Cela donne un tableau impressionniste de la SF, une sensation particulière par les manques que tout amateur perçoit ("Mais pourquoi ils ne parlent pas de Simmons ?").

Chaque essai (il y en a 41 au total) est écrit par un auteur différent, mais la constante est de n'avoir que du beau linge et de la grosse pointure : Ashley, Barr, Butler, Clute, Csicsery-Ronay, Hassler, Van Ikin, James, Ketterer, Luckhurst, Stableford, Westfahl etc... Les familiers de ce blog reconnaitront des gens réputés et reconnus pour leurs réflexions sur la SF, ayant souvent plusieurs ouvrages importants sur le genre à leur actif.

The history of SF magazines 3.jpg

Le livre est articulé en plusieurs grandes sections :

1) "Surveying the field" : 4 essais qui permettent d'avoir une idée de l'étendue de la SF, avec une approche historique (Slusser ou Ashley excellent et synthétique sur les magazines comme à son habitude), une approche par le biais du discours critique (Csicsery-Ronay) et un essai plutôt instructif sur la manière de lire la SF, somme toute  assez proche du livre de Langlet (Shippey).

2) "Topics and debate" : une série (7) d'essais thématiques sur des sujets parfois un peu bateau (Utopies, SF féministe qui a droit à 2 essais, Gothique...). Très inégal et parfois sombrant dans l'anecdotique comme l'essai de Barr tout entier consacré à la défense de sa proposition du terme de "Feminist fabulation", un combat qui s'est déroulé en 1992.

3) "Genres and movements" : 5 études sur les genres marquants de la SF (Hard SF, New wave, Cyberpunk, Nouveau Space Opéra...). C'est un excellent moment de synthèse qui met bien à plat ces genres en les insérant dans l'histoire de la SF. Les auteurs font aussi parfois un travail salutaire de démystification/démythification de certains courants de la SF dont l'influence ou l'importance réelle sont parfois un peu sur-évalués, comme la New wave ou le Cyberpunk.

4) "Science fiction film" : 3 essais sur SF & Cinéma et SF & TV, un peu en marge du livre qui est quand même axé sur la SF écrite. Leur brièveté pour des domaines aussi vastes leur est peut-être préjudiciable.

5) "The international scene" : 3 survols des paysages SF hors des USA (Canada, Asie & Australie), on peut regretter l'habituelle absence de la SF européenne, mais pour un ouvrage destiné à un public anglo-saxon, l'écueil de la traduction qui limite très fortement la possibilité d'accès à ces textes impose logiquement ce choix.

6) "Key writers" : 9 études se focalisant sur certains auteurs (dans l'ordre : Wells, Asimov, Wyndham, Dick, Delany, Le Guin, G. Jones, Clarke & Egan). C'est là que l'on pourra être étonné de certains choix (Jones & Delany) sur lesquels je reviendrai, mais c'est du boulot d'orfèvre (ce sont généralement ce que j'estime être les meilleurs essayistes qui traitent sur ces auteurs) avec un article sur Asimov par Clute, qui n'est certes pas tendre mais qui correspond exactement à mon sentiment.

Cocon (DLM 1999).jpg

7) "Readings" : 10 études détaillées (entre 10 et 12 pages) sur une oeuvre précise (dans l'ordre chronologique : Frankenstein, Herland, Brave new world, Fahrenheit 451, The female man, Crash, The handmaid's tale, Neuromancer, la trilogie de Mars de KSR & Excession). Chaque article est compétent mais ce qui frappe c'est le manque total d'originalité de cette sélection (sauf pour le Banks). Ces romans ont été traités de nombreuses fois, ce qui, pour un familier de la réflexion sur le genre, entraîne une certaine lassitude à la lecture du dix-septième résumé de l'intrigue de The female man.

Excession (Orbit 1996).jpg

Malgré sa taille, ce livre est un plaisir à lire, le mélange des voix et des styles couplé à la légèreté crée par sa structure non sytématique permet une lecture de 'dégustation' par petits morceaux. Les intervenants sont de grande qualité et le discours est pertinent même s'il n'échappe pas toujours à un certain militantisme ("...patriarchal imperatives have nothing to fear from imagined feminist scenarios.") ou un jargon envahissant ("Metaparadigmatic fiction").

Un oeil attentif pourra certes relever un tout petit nombre de scories : Gernsback rédacteur chef de Astounding, End of an era daté de 2000 sont les seules qui me sont venues immédiatement à la lecture, mais je n'ai pas creusé particulièrement les données factuelles.

End of an era (NEL 1994).jpg

En fait, le point qui m'a le plus ennuyé est une impression de "Politiquement Correct" qui est certes prévisible dans un ouvrage destiné à des bibliothèques et de jeunes lecteurs, mais qui pèse parfois un peu lourdement sur ce livre. Ces orientations sont manifestes dans les choix des auteurs et oeuvres étudiés. Par exemple (c'est le point le plus visible), la proportion de textes féministes atteint un tiers, proportion sans aucun rapport avec le pourcentage relatif de tels ouvrages dans l'ensemble de la production SF.

Pour être plus précis, à chacun son panthéon personnel, mais la présence (indépendamment de leurs qualités certaines) dans les 10 auteurs retenus de Delany, Le Guin et Jones et dans les 10 oeuvres étudiés de Herland, The handmaid's tale & The female man ajouté au fait que le féminisme bénéficie de deux textes qui lui sont consacrés (Barr & Wolmark) doit certainement plus à une tentative de sur-représenter les minorités raciales ou sexuelles, voire à une tentative de surfer sur la vague des "gender studies" ou "post-colonial studies", qu'à une vision objective de l'état de la SF IRL.

Mais tout ouvrage est par définition le résultat d'un choix ou d'une stratégie, on peut ne pas être d'accord avec tous ceux de Seed mais il faut reconnaître et saluer la haute qualité de cet ouvrage dont le seul vrai écueil est le prix dissuasif.

Note GHOR : 3 étoiles

18/03/2009

_La science-fiction : Lecture et poétique d'un genre littéraire_

La science-fiction : Lecture et poétique d'un genre littéraire : Irène LANGLET : Armand Colin (Collection U) : 2006 : ISBN-10 2-200-26-921-8 : 303 pages (y compris index sommaire et bibliographie) : 25 Euros pour un TP pas super solide.

La science-fiction (Langlet).jpg

Ce livre est dû à la plume d'une universitaire française, même si elle a suivi une partie de son cursus au Canada, pays très en pointe en ce qui concerne l'étude de la SF dans le cursus littéraire 'classique' et qui nous a donné plusieurs pointures. On peut citer (entre autres) Saint-Gelais, Suvin le grand ancêtre ou Gouanvic.

Cet ouvrage est organisé en trois parties principales :

1) "Outils de mécanique science fictionnelle", une partie à l'approche très originale puisqu'elle se concentre sur les outils littéraires utilisés par la SF dans sa stratégie de 'cognitive estrangement' (le terme inventé par Suvin) : paratexte, mots valises, appositons, usage du "je", fix-up, etc... Cette partie consacrée donc aux techniques d'écriture proprement dites fait une centaine de pages.

2) "Pour une histoire littéraire de la science-fiction" qui essaie de donner une autre histoire de la SF que celle de ses thèmes ou de sa socio-économie, illustrée par une chronologie schématique en annexe et qui s'ouvre sur une réflexion sur les rapports entre science et SF.

3) "Dans la machine science fictionnelle" qui part de 4 romans (L'usage des armes, Neuromancien, Des milliards de tapis de cheveux & Chroniques du pays de mères) qui sont utilisés comme bases pour aborder certains types de SF (le space opéra, le cyberpunk) et diverses problématiques (la datation interne des oeuvres).

Neuromancien (La Découverte 1985).jpg

Dans les nombreuses annexes on notera la chronologie de la SF évoquée plus haut, les synopsis des romans de la troisième partie ainsi que des extraits en VO & VF, un glossaire, une bibliographie secondaire (y compris sites web) et un index.

 

Globalement le livre à la fois original dans son approche (la première partie) et fait une lecture serrée des oeuvres étudiées. Le jargon de la technique narritive est certes présent (homodiégétique, hétérodiégétique) mais est suffisamment bien expliqué pour les profanes dans mon genre (y compris par le glossaire). La réflexion théorique est d'excellent niveau et s'appuie sur des bases saines.

Toutefois, je ne serais pas fidèle à ma réputation si je n'y avais pas trouvé matière à contestation/discussion/chipotage, à la fois dans les détails et dans ses orientations.

Dans le désordre :

- Il existe un certain nombre d'erreurs factuelles dans les données bibliographiques (par exemple, le cycle du non-A est daté de 1948) ou d'affirmation un peu légères (du style "le cycle de l'histoire du futur ne comporte aucune date dans ses titres", qui oublie Revolt in 2100 qui n'est certes pas le titre d'une nouvelle mais est celui d'un recueil) ou de données incomplètes (une comparaison pertinente des couvertures du Banks omet de préciser quelles éditions sont évoquées, ce qui pourrait laisser croire que toutes les éditions VO & VF ont la même couverture, ce qui n'est pas le cas) ou fausses (une troisième version du C&N est évoquée).

Revolt in 2100 (Signet).jpg

- Plus étonnant et signe d'une recherche un peu "light", cette affirmation (note 1 de la page 231) que je ne peux resister au plaisir de citer : "L'ordre des nouvelles (de l'anthologie Histoires de voyages dans le temps) est celui de l'édition disponible en librairie datant de 1987. Cet ordre modifie légèrement celui de la première édition, à la date du copyright (1975). Pour les comparer voir le site d'amateur indexant les deux tables des matières, "index SF", URL : http://sf.marseille.mecreant.org/ouvrage/ouv000098.". Une rapide recherche sur le fameux site en question montre que, effectivement, l'ordre semble différent pour les deux éditions, même s'il peut sembler étrangement alphabétique pour la première édition. Une recherche plus poussé dans les différentes impressions de l'ouvrage en question permet de voir que l'ordre est strictement le même dans les deux version citées. L'affirmation de Langlet est donc factuellement fausse, faute d'une recherche suffisamment poussée. J'ai relevé ce point parce que l'ordre des nouvelles est une des bases de l'argumentation de l'auteur ("la complexité va croissant"). Voilà du coup une erreur/absence de 'sort' dans une page web promue au rang de fait avéré et, en quelque sorte, légitimée par l'académie.

- D'une façon générale, j'ai une impression curieuse quand à la profondeur des recherches et la quantité d'éléments bibliographiques vraiment consultés avant l'écriture de cet ouvrage. En effet, l'essentiel des citations et exemples qui appuient le texte provient de seulement trois sources principales (excellentes au demeurant) : L'empire du pseudo de Saint-Gelais, le Clute & Nicholls (The encylopedia of science fiction) et les oeuvres complètes de Gérard Klein telles que l'on peut les trouver sur le site de XLII (donc plutôt une collection de préfaces). Pour un genre aussi vaste et étudié que la SF, cette concentration des sources sur un nombre limité d'items parait assez surprenante. Ce manque de matière est d'autant plus frappant quand on consulte la bibliographie et que l'on y trouve des livres nullissimes comme le Manfrédo chez Le cavalier bleu ou l'infâme Gattégno, ou des chefs d'oeuvres d'approximation et d'erreurs comme le Colson & Ruaud ou le Barets. Avec de mauvais outils comme ceux-là, la qualité du discours ne peut que s'en ressentir. C'est effectivement ce qui se passe avec parfois une nette impression de flou, un manque d'originalité dans certaines analyses ou au moins une absence d'éclairages contradictoires.

L'empire du pseudo.jpg

- Du coup, cette faiblesse du coté des sources primaires explique probablement pourquoi la deuxième partie m'a un peu irrité. Si l'on veut ré-écrire correctement l'histoire de la SF comme veut le faire Langlet, il faut partir sur des bases solides et avoir une vue synthétique, ce qui n'est manifestement pas le cas. Il est vrai que la critique d'un graphique des évènements marquants est toujours subjective et discutable, mais, par exemple, trouver que le seul évènement SF marquant en Grande-Bretagne entre 1990 et 1995 est la tentative (rapidement avortée) de ressortir la revue New Worlds, témoigne d'une vision du genre que l'on peut qualifier de spéciale (spécieuse ?). Langlet n'a pas (ou n'a pas trouvé) le bagage nécessaire pour présenter une chronologie satisfaisante. A mon sens, elle aurait pu exciser cette partie qui est à la fois peu réaliste, atomisée dans son déroulé (qui saute du coq à l'âne) et peu convaincante.

- Les quatres oeuvres étudiés sont (je cite) : "...à la fin du parcours d'environ cent ans qu'a suivi la SF...". Si le choix des oeuvres est peu discutable dans l'absolu (ce sont de bons textes), il a été visiblement fait dans l'optique de proposer une représentation acceptable de la SF. On notera la répartition géographique des auteurs, qui si elle est très 'correcte' et 'cosmopolite' (un écossais, un canadien/américain, un allemand et une franco-canadienne) est assez peu représentative du paysage géographique (par nationalité des auteurs) du genre, même si l'on ne prend en compte que les titres existant en traduction française. Ce point de détail évacué, je reste néanmoins sceptique sur le fait que des oeuvres de 1984, 1990, 1995 & 1999 (dans sa version révisée pour la dernière) puissent être valablement prises comme réprésentatives de "l'état de l'art" de la SF. Pour un livre écrit en 2006 cela fait un gouffre de 22 ans avec Neuromancien. Certes, il faut le temps pour mener une analyse aussi poussée et aussi pertinente que celle là mais la date d'expiration et surtout la relevance des ces oeuvres vis à vis de la SF écrite et publiée de nos jours sont largement dépassées. Du coup, les leçons que l'ont peu tirer de ces romans (thématique, technique...), même si elles restent pertinentes, ne sont pas applicables pour comprendre et décrypter la SF actuelle.

Use of weapons (Orbit 1990).jpg

Que ces quelques critiques ne vous empêchent toutefois pas d'acheter ce livre. Il représente une somme de travail non négligeable et constitue un ouvrage qui est parfaitement digne de figurer parmi les ouvrages de référence majeurs en VF.

Note GHOR : 3 étoiles

16/03/2009

_Colloque de Cérisy : Les nouvelles formes de la SF_

Colloque de Cérisy : Les nouvelles formes de la SF : Roger BOZZETTO & Gilles MENGALDO : Bragelonne "Essais" : 2006 : ISBN 2-915549-46-X : 421 pages (pas d'index ni de bibliographie) : 40 Euros pour un TP à la solidité très moyenne.

Colloque de Cerisy Les nouvelles formes de la SF.jpg

 

Cet ouvrage est donc le du recueil des interventions faites lors du colloque de Cérisy 2003. Ce colloque annuel rassemble divers intervenants (généralement les mêmes d'une année sur l'autre) autour d'une thématique qui n'est, comme c'est souvent la cas, qu'un prétexte à rassembler des communications diverses sur le genre.

C'est donc un ensemble de textes variés de textes, mêlant les perspectives historiques (le groupe Limite) à l'analyse d'oeuvres tant cinématographiques (Dark city, Alien, Ghost in the shell, etc...) que littéraires (série Darwin de Greg Bear) en passant par des études propres à certains auteurs (Brussolo, Ballard, Heinlein...).

Traque-la-mort (Lattès 1982).jpg

Une fois évacués les problèmes proprement techniques de l'ouvrage : Photos de films taille timbre poste et toutes noires, transcription des dialogues mal éditée et ne faisant pas forcément avancer le débat, absence totale d'index et de bibliographie centralisée, on arrive au reproche principal que l'on peut faire à ce livre à savoir que la longueur des articles est globalement inadaptée.

En effet, une partie des textes est trop longue (pour ne pas dire délayée) parce que l'on sent que l'intervenant n'a pas grand chose à dire ou pas grand chose de préparé (textes sur Ballard et sur Brussolo par exemple où le manque de profondeur est flagrant). Dans au moins un cas (l'article de Besson sur les séries) c'est carrément une redite inutile puisqu'il s'agit d'un extrait d'un livre déjà publié.

D'asimov à Tolkien.jpg

A contrario, une partie des textes est trop courte parce qu'elle ne fait que mettre l'eau à la bouche. Un bon exemple est le texte de J. C. Dunyach qui développe des thèses intéressantes, assez proches de celle de Langlet, mais seulement sur 20 petites pages. Son argumentaire aurait gagné à être étendu à l'aide d'exemples plus nombreux.

Certains textes présagent parfois peut-être un livre en devenir comme l'intervention sur Heinlein où Eric Picholle nous présente l'oeuvre tardive de cet auteur non comme une série de navets verbeux, malsains et enflés mais comme une illustration de la mécanique quantique (NdA : c'est exactement ce qui c'est passé avec la publication de Solutions non-satisfaisantes).

Un ouvrage suffisamment varié pour que chacun y trouve son compte et un ouvrage à soutenir venant d'un éditeur qu'il est de bon ton de traîner dans la boue pour un mercantilisme excessif mais qui prend un risque (AMHA) important sur ce type de texte (remarque aussi valable pour le Sadoul) que je ne vois pas beaucoup d'autres éditeurs "de qualité" prendre.

Note GHOR : 3 étoiles.

13/03/2009

_Leigh Brackett & Edmond Hamilton : The enchantress & The world wrecker (2nd edition)_

Leigh Brackett & Edmond Hamilton : The enchantress & The world wrecker (2nd edition) : Gordon BENSON : Borgo Press(collection Galactic Central #20) : 1988 : ISBN-10 0-912613-05-X : 25 pages : une dizaine d'Eurospour un HC grand format (sur un site d'enchères), existe aussi peut-être en chapbook (à vérifier ?).

Leigh Brackett & Edmond Hamilton (2nd edition).jpg   brackett.jpg

Cet ouvrage est une bibliographie de ce couple d'auteurs. Elle fait partie de la série "Galactic Central", un ensemble d'une quarantaine de titres consacrés à des auteurs de SF, fruit des travaux de Gordon Benson (le fondateur) et de Phil Stephensen-Payne (qui a repris le flambeau).

On notera pour la petite histoire que cet exemplaire là semble un peu particulier. En effet, c'est un ouvrage au format A4 (c'est habituellement du A5), relié d'une très belle façon (les autres sont agrafés par le milieu), muni d'un sticker Borgo Press (et d'un ISBN correspondant) qui semble être une sorte d'assemblage de photocopies agrandies. De plus, cette version (2ème édition) n'apparaît ni dans la liste officielle de Phil Stephensen-Payne ni ce titre dans l'ouvrage de Reginald (BP 300) qui liste les publications Borgo. La présence de corrections manuscrites laisse penser à un ouvrage presque artisanal.

Leigh Brackett Edmond Hamilton.jpg


En terme de structure, il reprend le canevas des premiers (chronologiquement parlant) titres de la série. Sont donc listés pour chaque auteur :

- les textes (à l'exclusion des romans parus directement en volume), par ordre alphabétique avec mention des parutions connues par ordre chronologique, indication des VT et des transformations éventuelles.

- les livres (même classement) avec mention des diverses éditions et ré-impressions, avec pour chacun les informations bibliographiques utiles à l'identification (date de parution, rang d'impression, ISBN quand il y en a un, nombre de pages, illustrateur, prix). S'ajoutent aussi des informations relatives à la génèse (est-ce un fix-up, une expansion ?) ou la constitution des recueils ainsi que les indications de VT ou de parution sous pseudo.

Doomstar (Belmont 1966).jpg

- les séries de l'auteur avec mentions des textes (romans et/ou nouvelles) qui les composent.

Les chiens de Skaith (Le Masque 1977).jpg


Pour Hamilton, tout cela est en plus divisé entre textes de la série "Captain Future" et les autres textes.

Contrairement à d'autres titres de la série (les plus récents), seules les parutions en anglais sont traitées, par contre (et ici aussi à l'inverse d'autres opus), certains textes hors-sf (western par exemple pour Brackett) sont inclus.

En tant que gros utilisateur de cette série (auquel j'ai même parfois apporté ma modeste contribution), il est évident que j'ai un avis favorable.

La quantité d'information et de travail est importante (même si elle sera par la suite encore considérablement accrue), et la fiabilité difficile à prendre en défaut.

Je critiquerais juste la répartition des fictions entre les deux premières catégories qui est parfois un peu aléatoire, en particulier l'épineux cas des textes parus en volume double qui sont avec les livres alors que la logique les voudrait en première partie. Je regretterais aussi l'absence d'informations précises sur les anthologies où sont parus des textes des auteurs (on a juste le titre).

Alpha Centauri or die ! (Ace Double F-187).jpg


Il faut aussi savoir que ne sont pas listées toutes les réimpressions (j'ai des livres dans bibliothèque qui ne sont pas mentionnés, comme celui ci-dessous), mais il faut avouer que c'est un sujet éminement complexe et difficile à cerner avec certitude.

The ginger star (Del Rey 1982).jpg

Attention, c'est quand même un ouvrage de bibliographie pure (il ne contient aucun autre texte que des données), qui ne peut servir qu'à de la recherche en ce domaine. Il est donc logiquement d'un intérêt limité pour la plupart des amateurs de SF.

Note GHOR : 3 étoiles

02/03/2009

_The gospel according to science fiction : From the twilight zone to the final frontier_

The gospel according to science fiction : From the twilight zone to the final frontier: Gabriel McKEE : Westminster John Knox Press : 2007 : 978-0-664-22901-6 (ISBN 13) 0-664-22901-8 (ISBN 10) : 291 pages (dont index & biblio) : 14.95 USD soit une dizaine d'Euros pour un TP (il semble qu'il existe aussi en HC).

The gospel according to science fiction.jpg

Ce livre a pour ambition d'étudier les relations (similitudes, oppositions) entre la SF et la religion (en tant qu'organisation) et les principaux concepts propres à cette dernière.

Organisé en une dizaine de chapitres, il nous présente des exemples de traitement SF des idées suivantes :
- la qualité de déité.
- la création (au sens de génèse).
- l'esprit, l'âme.
- le libre-arbitre et la prédestination.
- le mal, le péché.
- les messies.
- la foi et l'expéreince religieuse.
- le futur de l'église.
- l'au-delà.
- l'apocalypse.

Chaque thème est très brièvement expliqué (ou placé dans son contexte religieux) puis son traitement dans le cadre de la SF est assez longuement (10 à 20 pages) exposé. Les exemples sont très multimédia : SF écrite (romans ou nouvelles), SF filmée (TV ou cinéma) et BD (plutôt comics), avec un mélange de textes ou d'auteurs connus (P. K. Dick, Un cantique pour Leibowitz, C. S. Lewis) et d'autres moins (Chewdyck...), s'étendant de la période 'classique' de la SF jusqu'à 2005.

Un cantique pour Leibowitz (Denoel 1977).jpg


Le ton employé est très agréable, plus celui de la causerie que de l'essai académique et, malgré mes craintes à priori, je n'ai pas trouvé de prosélytisme religieux, même si (et l'auteur s'en explique), la religion chrétienne est celle qui sert de cadre de référence.

L'effet général de l'ouvrage est de lire une suite de préfaces de la GASF (celle de Histoires divines vient immédiatement à l'esprit, bien sûr). Pour moi, c'est un compliment, je considère donc ce livre comme une réussite qui permet de se faire simplement un état de l'art en SF du traitement de la religion et de ses thèmes, sans être une étude théorique poussée.

Histoires divines (LDP 1983).jpg


Un livre donc très lisible, exempt d'erreurs (recherches correctement faites, dates ok, sources listées à savoir pour les nouvelles les Year's best de Hartwell), dont le seul problème pour une audience francophone est le fait que la plupart des exemples (hormis quelques classiques et les films) sont, à ma connaissance, non disponibles en VF (Stewart & Cohen, certains Sawyer, Zahn...).

Heaven (Aspect 2005).jpg

Note GHOR : 3 étoiles